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le-gardon Multi-pêche


Age : 58 Inscrit le : 20 Mar 2007 Messages : 1596 Localisation : Haute-Saône
 | Sujet: Le "Roman de Renart" Jeu 3 Jan - 11:46 | |
| Ca ne nous rajeunit pas tout ça !!!
Voici un extrait :
Textes du moyen âge "Le roman de Renart" XIVe siècle.
« Où l'on verra comment Renart conduit son compère à la pêche aux anguilles »
C'était peu de temps avant Noël, quand on pense à saler les bacons. Le ciel était parsemé d'étoiles, il faisait un grand froid, et le vivier où Renart avait conduit son compère était assez fortement pris de glace pour pouvoir en toute sécurité y former des rondes joyeuses. Il n'y avait qu'un seul trou, soigneusement entretenu chaque jour par les paysans du village, et près duquel ils avaient laissé le seau qui leur servait à puiser de l'eau. Renart, montrant le vivier, dit : «Oncle Ysengrin, c'est là que se tiennent en grand nombre les barbeaux, les tanches et les anguilles ; et justement voici l'engin qui sert à les prendre.» (Il montrait le seau). «Il suffit de le tenir quelque temps plongé dans l'eau, puis de l'en tirer quand on sent à son poids qu'il est rempli de poissons.» - Je comprends, dit Ysengrin, et pour bien faire, je crois, beau neveu, qu'il faudrait attacher l'engin à ma queue. C'est apparemment ainsi que l'on doit faire quand on veut faire bonne pêche.» - Justement, dit Renart, quelle merveille que vous compreniez cela aisément ! Je vais faire ce que vous demandez.» Il serre fortement le seau à la queue d'Ysengrin. «Et maintenant vous n'avez plus qu'à vous tenir immobile pendant une heure ou deux, jusqu'à ce que vous sentiez les poissons arriver en foule dans l'engin.» - Je comprends fort bien. En ce qui concerne la patience, j'en aurai tant qu'il le faudra.» Renart se place alors un peu à l'écart, sous un buisson, la tête entre les pieds, les yeux fixés sur son compère. Le loup se tient au bord du trou, la queue en partie plongée dans le seau qu'elle retient. Mais comme le froid était extrême, l'eau ne tarda pas à se figer, puis à se changer en glace autour de la queue. Le loup, qui se sent tiré, attribue le tiraillement aux poissons qui arrivent ; il se félicite, et déjà songe au profit qu'il va tirer de cette pêche miraculeuse. Il fait un mouvement, puis s'arrête encore, persuadé que plus il attendra, plus il amènera de poissons à bord du seau. Enfin, il se décide à retirer sa queue mais ses efforts sont inutiles. La glace a pris de la consistance, le trou est fermé, la queue est arrêtée sans qu'il lui soit possible de rompre l'obstacle. Il se démène, il s'agite, il appelle Renart : «A mon secours, mon brave neveu! Il y a tant de poissons que je ne puis les soulever. Viens m'aider, je suis las et le jour ne va pas tarder à venir.» Renart, qui faisait semblant de dormir, lève alors la tête : «Comment, bel oncle, vous êtes encore là ? Allons, hâtez-vous, prenez vos poissons et partons : le jour ne va pas tarder à venir.» - Mais, dit Ysengrin, je ne puis les remonter. Il y en a tant, tant, que je n'ai pas la force de soulever l'engin.» - Ah ? Répond Renart en riant. «Je vois ce que c'est, mais à qui la faute ? Vous avez voulu trop en prendre, et on a raison de dire que celui qui désire trop perd tout.»
(Jean De LaFontaine s'inspira de ce roman pour écrire quelques unes de ses fables) _________________ Artpéchois Franc-Comtois "Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprend à pêcher, il mangera toujours." Lao-Tseu |
|  | | brocarp52 Multi-pêche


Age : 50 Inscrit le : 14 Déc 2006 Messages : 4084 Localisation : Haute-Marne
 | Sujet: Re: Le "Roman de Renart" Jeu 3 Jan - 12:38 | |
| Merci pour ce texte Le-Gardon
"Pour la petite histoire" (référence wikipédia)
Le Roman de Renart est un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles ayant pour héros des animaux agissant comme des humains Dès le XIIe siècle, la bourgeoisie a sa propre littérature, véritable satire sociale avant la lettre. Elle est par essence malicieuse, pittoresque, parfois grivoise ou, à l'inverse, morale mais le plus souvent réaliste. Il nous en reste essentiellement des fabliaux (Estula - Le lévrier et le serpent - La Farce de Maître Pathelin - Moniage Guillaume - La Mort Artu : Anonyme du XIIIe siècle…) et surtout le Roman de Renart.
C'est une œuvre composée de courts récits indépendants, quelquefois en prose, le plus souvent en vers octosyllabiques. Écrit en français, langue romane d'où le nom roman, il en existe 27 branches rédigées, au cours des temps, par des auteurs différents. Il met en scène des animaux dont les deux principaux : le loup « Ysengrin » et surtout le goupil « Renart », le si célèbre héros. Le Roi-lion, lui, sert d'arbitre. Le récit contient 80 000 vers, à rimes plates pour favoriser la citation de ces récits (ils étaient racontés, sous diverses formes, par les jongleurs à la population, très peu de gens sachant lire et écrire au Moyen Âge).
Renart dénonce (la faim, la violence, la bêtise...) mais ne propose rien.
Les œuvres les plus tardives (Renart le Bestourné (à l'envers) de Rutebeuf, ou l'anonyme Renart le Contrefait, (1319-1342) accentuent encore la satire.
Selon certaines interprétations, Renart représenterait le petit peuple, toujours prêt à mille « jongleries » pour survivre ; Ysengrin : la bourgeoisie, lourde et patentée ; Grimbert, le blaireau : le clergé et Brun, l'ours : la noblesse. Mais dans le texte, tous les personnages sont explicitement présentés comme appartenant à la noblesse. Renart est un chevalier qui vit dans son château de Maupertuis et est le premier à se moquer des vilains et à vivre à leurs dépens en les ridiculisant voire en n'hésitant pas à les tuer.
Pour d'autres interprètes (qui semblent aller encore plus loin), le roman serait une représentation de la cellule familiale primaire. Goupil serait la femme, un peu rusée, un peu sorcière et le loup, l'éternel mari, fort et brutal, toujours prêt à profiter de ses avantages naturels mais finalement toujours berné. Une famille dont le patriarche, serait le lion ; le corbeau, la belle-mère ; l'ours : le beau-père, etc. D'ailleurs, ces rôles « traditionnels », se retrouvent, quasiment à l'identique, dans plusieurs autres cultures européennes (Finlande, Suède, Roumanie, Russie), ou même orientales (Chine, Inuits, Mongolie...).
Les frères Grimm y voient une « épopée animalière (Thiersage) venue de Germanie via Tacite. Ce qui lui confèrerait des racines indo-européennes ».
Alors, les auteurs du Roman seraient-ils, des peintres animaliers ? Non, peu leur chaut ; le monde des animaux, miroir du monde humain, sert avant tout à critiquer celui-ci. Les auteurs se moquent de tout, des chevaliers aux pèlerins, de la justice aux courtisans, montrant partout l'hypocrisie. Successeur d'Ésope, il préfigure les fables de Jean de La Fontaine.
Et si en fin de compte, Renart, dans ce cycle interminable, avait créé un autre univers : le sien ?
Bref, ces récits sont si riches que chacun peut y trouver ce qu'il y cherche. De toute façon, c'est presque toujours Renart qui gagne.
 _________________
 Un artpêchois ne détient pas la vérité, il la cherche comme un poisson dans l'eau trouble.
http://phileau.oldiblog.com |
|  | | yul52 Carpe


Age : 35 Inscrit le : 02 Oct 2006 Messages : 7350 Localisation : haute marne
 | Sujet: Re: Le "Roman de Renart" Jeu 3 Jan - 19:21 | |
| merci a vous les amis  _________________

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lachez vos coms !! |
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